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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 07:50

Cette année, je fêtes mes 30 ans. Je ne sais plus trop si j'en ai déjà parlé, mais la plupart des dates dans le calendrier me laisse indifférent. En effet, je trouve que la plupart ne sont que des inventions des hommes et n'ont pas tant de sens que ça. L'exemple le plus criant pour moi est le Nouvel An. Pourquoi le 1er janvier? De plus, je trouve que la plupart des fêtes ne sont qu'un moyen de consommer plus ou de faire la fête. De fait, ces dates ne m'intéresse que parce qu'elles peuvent être un férié ou non. En revanche, les anniversaires sont importants à mes yeux. Ils marquent le temps que l'on a pu vivre depuis que nous sommes nés. Et à mes yeux, ce sont les seuls moments réellement importants dans les calendriers. Avec les dates de décès.

Ainsi, j'ai atteint un nouveau cap. En plaisantant, je me dis que je deviens un daron. Je ne me souviens plus trop de mes 20 ans. Je crois que comme j'avais bien marqué mes 18 ans, je ne voulais pas faire grand-chose pour mes 20 ans. Je trouvais ça redondant. Je ne veux pas refaire la même chose, puisque je passe un cap dans ma vie.

Quand j'étais plus jeune, on me disait que les années d'études étaient les plus belles années de la vie de quelqu’un. Ce n'est pas le souvenir que j'en garde, dirons-nous. De plus, un autre problème de cette vision, est qu'elle donne l'impression que lorsque l'on finit ses études, c'est une longue déchéance jusqu'à la mort. Comme si, si à 25 ans on n'avait pas voyagé de par le monde et cumulé toute sorte d'expériences, on avait raté sa vie. Mon expérience me montre que ce n'est pas le cas.

Quand j'ai commencé la désormais célébrissime lignée vers le gentleman, l'un de mes objectifs était Road to les 30 ans, préparer mes 30 ans. En effet, lorsque j'ai commencé à travailler, des collègues disaient que le zénith d'un homme, ce sont ses 30 ans. On a encore toutes ses capacités physiques, mais on est plus murs qu'à 20 ans. Alors que je suis désormais dans cette situation, je me rends compte que c'est, au moins en partie vrai. Je suis en bien meilleure santé qu'à mes vingt ans, j'ai également plus confiance en moi et je réalise que je commence (enfin) à réfléchir par moi-même.

Ainsi, alors que j'avais (et je l'ai toujours) la conviction que si mes 20 ans me sont passés sous les yeux, je devrais alors profiter à fond de mes 30 ans! Tout ce que j'ai pu entreprendre jusqu'alors devait me permettre d'arriver à mes 30 ans dans des conditions optimales.

Pour se faire, j'ai décidé de faire le bilan de ces dernières années, ce que j'ai pu accomplir, et aussi mes limites. Au départ, cette "retrospective" devait se limiter à mes 20 ans, mais en prenant le temps de détricoter tout ce que j'ai pu vivre et faire ces 10 dernières années, je me rends compte que beaucoup de choses prennent leurs sources plus loin dans le passé. 

Corps : Durant l'été dernier, il y a eu une vidéo d'Ironquest où il expliquait qu'il avait commencé la musculation parce qu'il voulait ressembler à Triple H. C'est intéressant parce que moi aussi, quand j'étais plus jeune, je voulais ressembler à Triple H. Je le trouvais vraiment classe : bourrin et manipulateur. Il ne s'intéressait qu'à lui et agissait comme bon lui semble pour arriver à ses fins.

Mais je n'ai jamais rien fait pour vraiment me rapprocher de The Game. Je n'ai pas vraiment commencer à faire du sport à cause de lui. Cependant, j'ai rêvé de m'acheter un t-shirt il y a des années de ça. Je le trouvais cool et je savais qu'avec tout le monde m'aurait regardé à la fac. Même s'ils auraient eu peur de moi.

L'Athlétisme, ou la "forme physique" : J'ai longuement commenté le fait que j'ai commencé à faire du sport pour rencontrer une fit girl, ou une "amazone". C'est vrai, mais il n'y a pas que ça. L'autre principale raison est que je voulais gagner confiance en moi. Pendant mon adolescence, je me suis fait pas mal victimiser. J'étais grassouillet et je me sentais très mal dans ma peau. A tel point que j'avais du mal à me regarder dans un miroir. Je n'ai pas de mots assez forts pour dire à quel point je pouvais me détester.

Comme j'en ai déjà parlé, alors que je trouvais que le catch tournait de plus en plus en rond (avec un aspect soap qui me saoulait grave), j'ai commencé à m'intéresser au MMA. Plus que l'aspect "combat sans règle" (infondé par ailleurs), j'ai beaucoup aimé le côté polyvalent avec les différentes phases de combats entre le pied-poing, la lutte et les soumissions. J'ai commencé le MMA quelques temps après mon arrivée en Hexagone. Je ne savais pas quoi faire, et je me suis alors dit qu'il fallait que je me bouge les fesses, ou j'acceptais de péter les plombs. J'ai commencé le MMA pour mes 23 ans. Lors de la première séance, je me suis évanoui! Je n'avais pas fait de sport depuis le lycée, et je ne me donnais pas à ce point là. Au départ, j'étais vraiment à la traîne, puis comme je voulais rattraper les autres, j'allais à toutes les séances, et j'ai comblé (un peu) mon retard. Alors que j'avais perdu beaucoup de poids parce que je ne mangeais pas trop, j'ai repris du muscle, et j'étais dans une bien meilleure santé, je me sentais invincible! 

Du MMA, je retiendrais principalement la modestie, se rendre compte de ses propres faiblesses et aussi qu'il y a des gens meilleurs que soi (je me suis mangé quelques patates d'humilité). Je retiendrais également le fait de ne pas abandonner, et jusqu'à un certain point, apprécier la souffrance. Des fois, je repense à aux clubs où j'ai pu aller, et je me demande ce qu’ils deviennent. Mais je me dis aussi que j'aurais pu prendre le temps de m'ouvrir aux autres. Je me demande également jusqu'où j'aurais pu aller.

M'intéresser au MMA a été aussi un début pour comprendre ce que l'on pourrait appeler une ébauche de la composition corporelle (je crois). Quand j'étais ado, j'avais vu que Captain America pesait 108 kg. Dans un raisonnement pété à terre, je me suis dit : "Captain America a un corps parfait, et il pèse 108 kg. Donc 108 kg est un poids parfait." Néanmoins, quand j'ai mis ce raisonnement en pratique, j'ai mal identifié les parts de graisse et de muscles dans ces 108 kg... Quand j'ai commencé à m'intéresser au MMA, je regardais les matchs, et notamment les matchs de poids lourd, la plus spectaculaire! Et bien souvent, je voyais ces combattants complètement essoufflés au bout des 5 premières minutes... Puis alors que j'écoutais les commentaires, ils expliquaient que la catégorie la plus intéressante était finalement celle des lourds légers, à savoir entre 83 et 92 kg, puisqu'elle offrait un bon compromis entre la puissance, et l'endurance. De mon expérience également, quand je me sens plus léger en dessous des 100 kg, et je tente désormais de rester autour des 90 kg.

Néanmoins, j'ai arrêté quand j'ai commencé à travailler. Je voulais faire trop de choses, et je me suis fais mal au dos. J'ai alors quasiment tout perdu.

Entre-temps, j'ai commencé la musculation. Il s'agissait d'abord de compléter le MMA. Mais je me dis que j'aurais du commencer plus tôt. Quand je venais d'arriver dans l'Hexagone, je m'étais acheté le livre d'Olivier Lafay, et faisais des exercices chez moi. Mais je n'ai pas continué, les exercices devenaient de plus en plus exotiques et compliqués à réaliser dans un studio de résidence étudiante. J'ai voulu m'inscrire dans la salle de sport de mon université aussi. Je ne l'ai pas fait car je manquais de confiance en moi, et je pensais que fréquenter mes différents camarades de promo serait suffisant. C'est quelque chose que je regrette. M'inscrire dans cette salle, m'aurait permis de gagner du temps et rencontrer du monde.

Mais mieux vaut tard que jamais! Comme j'en avais déjà parlé, j'ai vu mon corps changer assez vite, et comme je disais j'ai vécu ça comme une seconde puberté. Et j'ai commencé à mieux m'apprécier.

Mais ce ne sera qu'avec ma muse que je me déciderai à me secouer les puces. Elle avait fait beaucoup de sport dans sa jeunesse (jusqu'à faire de la compétition), et il lui restait quelques restes. Et c'est quand j'ai appris à propos de ces restes que j'ai pété un boulon. Je me suis alors décarcassé. D'abord, je voulais être digne d'elle, et je pensais qu'elle ne me prendrait jamais au sérieux si je restais un gros tas. Mais aussi, je voulais devenir fort. Je voulais devenir fort pour être capable de la protéger. Je sais que ce genre de réflexion n'est pas dans l'ère du temps, mais j'estime tout simplement que c'est mon devoir.

L'une des choses que j'apprécie le plus dans la muscu, c'est la liberté que l'on peut avoir dans l’organisation de sa pratique, une fois que l'on a compris les principes de bases. Ainsi, l'un des aspects que j'apprécie le plus est le fait de pouvoir agencer les différents exercices pour construire un tout cohérent. Il suffit de voir les programmes que j'ai pu réaliser sur ces quelques années.

Cependant, pendant des années, je donnais trop d'importance à différents sons de cloche. Avec des techniques d'intensification ou d'isolation, qui finalement ne rapportait pas grand chose. J'ai alors décidé de simplifier le tout et de revenir aux fondamentaux. J'ai compris qu'il n'y a que quelques exercices réellement importants : pour les pectoraux, le développé couché et les dips; pour le dos, les tractions et les rowings; pour le bas du corps, le squat et le soulevé de terre; et enfin, le développé militaire pour les épaules. Tout le reste peut n'être que des variations de ces exercices de base.

J'ai également commencé à faire plus attention à mon alimentation. Avant je ne faisais pas attention. Déjà quand j'étais plus jeune, je mangeais pour manger. Comme pour combler un manque. Quand j'ai commencé à être plus actif, je me cachais derrière l'excuse de la prise de masse et du fait que je dépensais de l'énergie en faisant du sport. Cependant, autant cette excuse pouvait tenir la route quand j'étais étudiant, autant quand j'ai commencé à travailler et ne pas avoir les même disponibilités, l'excuse est tombée à l'eau, et j'ai pris du poids (en cela, le restaurant administratif n'aide pas non plus).

Maintenant je mange de façon plus saine, même si mon rapport à la nourriture ne s'est pas encore complètement amélioré. J'essaie de moins manger de viande, jusqu'à instaurer un jour sans viande, le dimanche. Je mange plus de légumes et j'essaye de manger plus de fruits (même si ça, ça reste encore dur). J'essaye également de ne plus manger pour deux, mais de manger pour un seul. Je tâche de cuisiner un peu plus, mais mes journées sont assez chargées, je n'ai pas nécessairement le temps et l'envie de cuisiner tous les jours. Maintenant, je souhaite réduire sur tout ce qui est fast food (même "healthy") et autres plats à emporter/livrés. Déjà pour ma santé, mais aussi pour mon porte-feuille.

Il y a quelques mois, je voulais savoir dans quel était l'état de ma santé. J'avais perdu beaucoup de poids, et je me demandais si je n'avais pas de problème caché. Mon médecin m'a alors dit que j'avais maintenant un profil de sportif ou de quelqu'un qui s'engage dans une activité physique régulière! De ses explications, j'ai également retenu qu'un homme "normal" avait un taux de masse grasse entre 25% et 15%, et que moi j'étais à 16%! Je n'en revenais pas! On m'aurait dit un jour que j'aurais un profil de "sportif", je ne l'aurais pas cru! C'est une forme de récompense pour moi!

Je veux alors continuer sur cette voie. Je ne veux plus être un gros tas. Pendant que j'écrivais l'article, Efkan de la chaîne Fromhumantogod a sorti une vidéo où il expliquait avoir vu les limites de la musculation. Il s'était pris une PLS monumentale et il se rendait compte que l'hypertrophie n'était pas suffisante. Je partage complètement son avis. Je pense qu'il faut être apte physiquement, être complet. Puissant, endurant mais aussi souple. J'avais déjà pensé à pas mal de trucs. M'inscrire dans une espèce d'entrainement militaire, ou un entraînement pour football américain (surtout après avoir regardé Ballers). J'avais déjà ça en tête quand j'ai repensé mon entrainement, en ne conservant que des exercices aux charges libres et au poids du corps, qui font dépenser plus d'énergie. Et c'est également l'une des raison pour lesquelles que j'ai commencé le crossfit, et que je compte bien reprendre dès que je pourrais. En attendant, je me suis acheté Ring Fit Adventure.

A côté, j'aurais aimé être plus actif dans la vie de tous les jours. Augmenter le NEAT. Je marche plus, je monte le plus souvent les escaliers à pied. Mais j'aimerais faire d'autres activités. 

L'Esthétisme : Pendant des années, je n'ai pas fait attention à la façon dont je m'habillais. Je me sentais mal dans ma peau. Je m'habillais pour cacher ma disgrâce, et aussi pour pouvoir me fondre dans un moule que je ne comprenais pas. Je ne prenais pas soin de moi, et ça ne m'intéressait pas. 

Quand je suis arrivé en Hexagone, l'un de mes premiers réflexes a été acheté des t-shirts de "geek" (quitte à les faire venir des Etats-Unis). Je pensais que ça me permettrait d'affirmer ma personnalité et exprimer mon identité. Finalement, ça me faisait passer pour un gamin assez immature. Le dernier "vêtement de geek" que je souhaiterais me prendre est un sweat à capuche de Benzaie qui résonne beaucoup chez l'enfant des années 90 que je suis.

Cette fois encore, j'ai voulu me mettre au diapason par rapport à ma muse. Je la trouvais si élégante que si je voulais qu'elle me regarde et même plus, je devais me mettre au niveau. J'ai donc commencé à me renseigner sur le style pour homme. J'ai beaucoup appris sur le vêtement masculin. Cependant, depuis quelques mois j'ai l'impression d'être arrivé à un plateau. Je me sens bridé dans mes envies et mes possibilités, et c'est assez frustrant.

Pendant plusieurs mois, je planais à un style "casual chic". Mais pour reprendre Nicolo de l'équipe Bonne Gueule, c'est bien quand on débute, mais je cherchais à créer "mon" style, ou m'inspirer de quelque chose qui me parle à moi.

D'abord, comme j'en parlais j'aime bien les gilets de costume. Alors que j'en portais un, un de mes collègues m'a parlé des renois à la Nouvelle-Orléans. Le style m'avait déjà parlé quand j'étais allé voir les Bêtes Fantastiques 2, et je cherche à creuser cette voie.

Il y a quelques mois, je me suis acheté des bracelets, je trouvais ça cool. Un jour, un ami m'a demandé si je voulais ressembler à Johnny Depp. Sur le coup, je lui ai répondu que non, parce que je trouvais que Johnny Depp faisait un peu caricature. Puis je ne sais plus à quelle occasion, j'ai entendu présenter le style que j'ai adopté récemment, avec un jean et des chelsea boots comme un style de rocker. Et j'ai repensé à Johnny Depp. Et en y réfléchissant un peu, il se rapproche de ce que je veux faire. En y réfléchissant, le style rocker m'a été inspiré par un épisode des Razmoket, un des premiers épisodes de la première saison "Un bon petit". Dans cet épisode, Tommy est emmené à l'école par sa mère, et parmi les personnages, il y a Ramon, un rebelle au grand cœur (et qui se prenait la tête avec une des stars de l'équipe de football du lycée), et ce Ramon m'a marqué. J'ai vu tous les épisodes des Razmoket, je ne sais combien de fois, et je me souviens bien de celui-là, un des premiers. Je pense que ça a eu un effet sur moi.

Toujours sur le style, j'aime beaucoup le style militaire. A la louche, on peut dire que beaucoup de vêtements "modernes" ont été développés pour servir dans l'armée pour ensuite être se répandre dans la population (comme d'autres technologies d'ailleurs). Je trouve que le style militaire a un style qui marque une certaine prestance tout en restant pratique. Et c'est quelque chose que je veux creuser. 

J'ai également réalisé des efforts sur la posture. Savoir s'habiller c'est bien, mais si c'est pour avoir autant de prestance qu'un bloc de boue... Donc j'ai aussi commencé à réaliser des exercices pour améliorer mon maintien. Ça tombe bien puisqu'ils vont main dans la main avec les exercices pour le caisson abdominal (dont le fameux pack de six!). Si je vois que j'ai une tablette de chocolat, je me demande si j'ai plus d'allure que par le passé.

Depuis à peu près mes 24 ans, mes cheveux deviennent de plus en plus blancs. J'ai souvent tendance à dire, en plaisantant, que c'est à cause de la personne que je fréquentais à l'époque. La réponse la plus rationnelle doit être un mélange de génétique, de stress et d'environnement. En soit, ça ne me dérange pas tant que ça. En dehors des remarques que je trouve assez souvent débiles, ce qui m'agace sont les petits patchs de poils blancs qui sont un peu partout. Et surtout les poils de nez blancs, une horreur à arracher. En fait, je préfère nettement avoir des cheveux blancs que commencer à les perdre, comme certains de mes amis (même si la calvitie peut être due à un fort taux de testostérone). Aujourd'hui, pour tenter de me distinguer, je dis que j'ai les cheveux poivre et sel. Ça me fait penser à ce surnom anglais que l'on donne aux hommes qui se sont bonifiés avec l'age, "silver fox" ou renard argenté. Avec mes efforts sur le physique de façon générale, j'avais envie de me décrire comme "loup argenté". Cependant, je trouve plus intéressant de me décrire comme "jaguar argenté".

Par extension, j'ai dépassé la coupe rasé que j'ai arboré pendant presque toute mon enfance. On laissait tout monter pendant 6 semaines et on allait chez le coiffeur enlever tout ça. Comme j'aimais dire, j'étais une rentrée d'argent facile pour un coiffeur. D'ailleurs, qu'est-ce que c'est compliqué de trouver un coiffeur digne de confiance pour les renois sur Paris! Digne de confiance, mais aussi pas trop cher et surtout pas trop blindé! Aujourd'hui, j'arbore une "coupe de superhéros", inspiré des rôles de John Boyega et Chadwick Boseman.

Ainsi, je prends beaucoup plus soin de moi que j'ai pu le faire, mais je sais qu'il me reste beaucoup d'habitudes à prendre (comme instaurer de vraies "morning et night routines") et de connaissances à acquérir (qu'est-ce qui est bon pour moi et me mets en valeur). Mais on est loin du cliché de l'ours qui ne sort pas de son terrier.

Esprit : "Le savoir est le pouvoir." J'ai vécu selon cette maxime pendant des années. Je me souviens que depuis enfant, on m'avait encouragé dans les poursuites intellectuelles (déjà pas bon en sport). Parfois au dépens de tout le reste, j'ai pu avoir le sentiment. Ça peut paraître logique, l'environnement dans lequel j'ai grandi met en avant la réussite par l'accomplissement scolaire. En théorie, plus on a de diplômes (en particulier "prestigieux"), mieux on est sensé gagner sa vie.

Je ne vais pas nécessairement de me plaindre de tout ça, j'ai eu aussi une appétence pour certaines formes de savoirs. Ainsi, pendant des années, j'ai cru que c'était la seule partie de moi où il n'y avait pas vraiment de problèmes. Que tout allait "bien" et que cela devait continuer dans ce sens. Ce n'est que durant les derniers mois que j'ai réalisé que quelque chose n'allait pas. J'ai décidé alors de détricoter tout ce que j'avais pu entreprendre à ce niveau là. C'était tellement compliqué que cette partie fut la dernière à être écrite!

Il ressort que je me suis engouffré dans ma vie "publique" (académique puis professionnelle), en espérant y trouver une forme de salut. Maintenant, ma vie professionnelle n'est plus aussi importante qu'elle a pu l'être. Je me demande que sera mon avenir.

L'Excellence : Après ma première "déception amoureuse" (j'avais quoi, 9 ans?!), je m'étais promis que je ne ressentirais plus rien. J'ai entrepris un long cheminement pour arriver à supprimer la plupart de mes émotions. Bien entendu, à part faire de moi une machine au bord de l'autisme, ça n'a jamais fonctionné. Mais j'ai cherché à mettre la raison et la logique au cœur de ma vie.

Assez vite, je me suis tourné vers le stoïcisme qui permettrait de maîtriser ses émotions pour laisser place à la raison. Mais en vérité, ce n'est que très récemment que j'ai réellement compris ce que cela touchait. Même si je trouve les réflexions de Marc-Aurèle intéressantes (notamment dans leur aspect de laisser tomber le superflu), je les trouve également assez radicales. On dirait que toute forme d'émotion forte doit être proscrite pour une forme d'austérité que seul un empereur romain pourrait se permettre.

Plusieurs années après, je me suis renseigné sur le modèle weberien d'organisation bureaucratique. Je trouvais ça fascinant, une organisation basée uniquement sur la raison. Elle devrait être la plus efficace.

Dans le même temps (ou de façon incidente), je suis tombé sur les concours de mandarin chinois. Ils visaient à recruter des fonctionnaires pour les plus hautes responsabilités dans l'ensemble de l'empire. Ils permettaient, en théorie, à tous de participer et offraient, en théorie là aussi, une plus grande place au mérite des candidats qu'à leur ascendance. Là aussi, ça m'avait parlé. Il est a priori logique que ce soit les meilleurs qui occupent les postes à plus haute responsabilité. Même si bien souvent, il s'agissait des rejetons de grandes familles qui pouvaient se payer des tuteurs particuliers (eux-mêmes bien souvent des candidats qui avaient échoué), et que les concours consistent bien souvent à vérifier la maîtrise de la pensée de Confucius.

Donc, si on prend le modèle weberien d'organisation bureaucratique avec les concours inspirés du système impérial chinois, on obtient un système logique et rationnel qui promeut les compétences individuelles en faisant fi des origines. Pensais-je alors.

Un peu avant, je me suis dit que je voulais faire des études de droit. Au départ, c'était pour devenir procureur de la République. Je ne savais pas trop ce que je voulais faire. Mais comme un ami de la famille a très vite compris, je voulais prendre une revanche sur la société. Je voulais montrer que je valais quelque chose aux yeux toutes les personnes qui auraient pu se moquer de moi quand j'étais adolescent. J'étais en colère contre le monde entier.

Mais au fond, j'avais aussi envie de tenter autre chose, de viser les dorures de la République, et accéder à ces concours prestigieux inspirés de l'empire chinois. Pour débuter ce cursus honorum de la République française, il fallait passer par Science Po Paris. Finalement, ça ne s'est pas fait. Notamment parce que je m'y suis pris trop tard et que je ne savais pas trop comment m'y prendre. Ma situation intermédiaire m'avait beaucoup frustré à cette époque. Ma famille n'était pas suffisamment aisée pour que nous puissions payer une prépa à part entière plus une éventuelle année dans l'Hexagone, mais dans le même temps nous n'étions pas non plus suffisamment déshérités pour bénéficier des dispositifs censés permettre l'ouverture des grandes écoles à des classes sociales moins favorisées.

J'ai donc commencé des études de droit. Très vite, le droit pénal m'a fait comprendre que je n'étais pas fait pour devenir procureur. Mais en même temps, j'ai découvert le droit constitutionnel, qui me permettait de faire le lien avec mes cours d'éducation civique (que j'aimais beaucoup) et m'aurait offert des bases pour tenter le concours de Science Po, pensais-je alors. Finalement, je me suis "spécialisé" en droit public. "Spécialisé" parce que d'une part, j'ai un profil assez généraliste (je ne suis pas spécialisé dans le contentieux ou les collectivités territoriales par exemple), mais très récemment, j'ai développé le sentiment que je n'étais pas un "vrai" juriste, mais un "sciencepiste" (pour reprendre une collègue) mort-né. Je n'aimais pas spécialement le droit en lui-même, c'est un ensemble de mécanismes et de procédures qui me laissaient relativement froid. Mais j'étais beaucoup plus intéressé par la portée sociologique que pouvait avoir le droit. Mais je rationalisais en me disant que la socio, ça ne remplit pas les assiettes, sauf si on est chercheur, alors que le droit permet une forme d'adaptabilité.

Ce n'est que vers la fin de mes études, à 23 ans que j'ai commencé à réfléchir sur tout ce que j'avais pu faire. J'étais dans le Parc de Sceaux, au moins de juin et alors que je marchais dans les allées, j'ai compris que j'avais une part de responsabilité dans presque tout ce qui m'est arrivé, et qu'au final, j'étais en colère d'abord contre moi. Ça devait être la première fois que je voyais clair depuis des années. Le monde s'ouvrait à moi.

Déjà plusieurs mois auparavant, je me demandais si je voulais ressembler à certains enseignants de mon M2 que je ne trouvais pas inspirants. Je me disais qu'il était sans doute trop tard pour envisager une reconversion, mais même si je devais être amené à être frustré dans ma vie professionnelle, je devais être épanoui dans ma vie personnelle.

Par la suite, j'ai commencé à travailler dans certains des hauts lieux de décisions de la République. Une fois le premier émerveillement passé, la routine du travail s'installe assez vite. J'ai rapidement eu le sentiment de n'être qu'un rouage dans une machine qui me dépassait. Un rouage pouvant facilement être changé. Un rouage pas nécessairement important pour que la machine puisse tourner, et un rouage qui pouvait même la gripper. Ce sentiment ne m'a jamais quitté. 

Je n'étais pas satisfait de ma situation (et je ne le suis toujours pas spécialement d'ailleurs), et j'ai cherché à évoluer vers quelque chose qui, sur le papier, me correspondrait plus. Donc je me suis mis en tête de réviser comme un forcené afin de pouvoir atteindre cette promotion, qui je l'espérais, changera ma vie pour le mieux. J'y ai consacré beaucoup trop de temps, au détriment de tout le reste. Tant et si bien que je vis aujourd'hui cette situation comme un poison qui m'empêche d'être heureux. C'est notamment quand j'étais face à ma muse, et que j'ai réalisé la tristesse de ma situation que j'ai compris que je passais mon temps à courir après des chimères.

Avec elle également, j'ai vu que mon environnement professionnel était tellement plus large que ce que je pouvais voir jusqu'alors. 

Aujourd'hui, j'ai le sentiment d'être, en théorie, sur une piste qui me mènera à plus de responsabilités. Mais je me demande, est-ce que c'est ce que je veux réellement? Quand je regarde autour de moi, je n'envie pas ceux que je devrais envier. Et, comme je l'ai déjà évoqué, j'ai l'impression d'être dans une boite. Une boite physique, mon bureau que je ne quitte presque pas, mais aussi une boite professionnelle puisque je connais assez mal le boulot de mes voisins immédiats. Et quand je prend le temps de les observer, en dehors du fait que je puisse apprécier certains plus ou moins, j'ai plus l'impression d'avoir des salarymen en face de moi qu'autre chose. C'est d'autant plus frustrant quand je mets en perspective mes journées actuelles avec celles que j'avais dans mon ancien poste.

Autre chose qui me frustre, c'est que je passe mes journées à travailler. Ce que je veux dire, c'est que j'ai des journées longues et sans nécessairement de temps pour souffler. Ce qui m'agace, c'est que j'ai envie de faire autre chose que travailler. Avoir des activités à côté et tout simplement une vie en dehors. Mais je pense que c'est à moi de trouver un moyen de m'organiser pour trouver une solution. Ça fait des mois que je tourne le sujet dans tous les sens, et je pense avoir trouver un début d'organisation, le bullet journal. Pendant plusieurs années, j'avais un agenda, mais je ne le tenais pas tout le temps à jour et il ne me permettait de mettre tout ce que je voulais y mettre. Le bullet journal me permet de faire ça. Le côté Do-it-Yourself satisfait également mon autisme. Cependant, autant le matériel d'origine est plutôt minimaliste, ceux que j'ai vu voir par la suite ont plein de détails! Ça me submergeait au départ! En plus du côté club de couture qui peut être assez rédhibitoire quand on n'est pas initié.

Cependant, le Bujo est très rapidement devenu un nouveau journal intime. Ce n'est pas la première fois que je tiens un tel journal (en fait j'enviais Ginger). Le dernier que j'avais crée, je l'ai fait peu après que je sois arrivé dans l'Hexagone. J'avais peur de devenir fou et mourir, donc j'ai commencé à retranscrire mes pensées à l'écrit. Pour que quelqu'un puisse retrouver des traces de moi. Certains articles de ce blog sont en vérité des publications de passages de ce journal intime.

Même si j'ai conscience de l'importance de ce que nous pouvons faire au travail, une partie de moi ne peut s'empêcher de trouver tout ça stérile. Et alors que je recherche le sens dans ce que j'ai pu faire (et ce que je fais), je me reconnais un peu dans ces "jobs à la con", ces emplois qui n'ont pas réellement de substances. Une connaissance me disait que c'est parce que je n'ai fait que de la fonction support dans un cadre bureautique. Un touche-à-tout dans un environnement de spécialistes. Je n'ai pas vraiment mis les mains dans le cambouis. Je pense qu'elle a en partie raison. De façon plus abrupte, des collègues disaient (à propos d'un autre, même s'il y avait une belle part d'hypocrisie et de méchanceté gratuite) quand t'es transverse, en fait, tu fais rien.

Mais, peut-être pour la première fois de ma vie, je me demande ce que je veux vraiment faire. Et pour le moment, je n'arrive pas à trouver de réponse satisfaisante. Je comprends que je me suis laissé porter par le courant pendant des années.

La première des choses qui m'a sauté aux yeux, c'est que j'ai pensé petit. Je ne voulais pas vraiment prendre de risques, et je n'allais plus loin que ce que je pouvais voir. Je prenais la voie du moindre effort en pensant que ce serait la voie royale. Ça me fait enrager parce que je me suis longtemps défini comme quelqu'un d'ambitieux. Au final, je ne suis qu'une grosse feignasse. 

Ensuite, j'ai compris que j'accordais de l'importance à ce que l'on pouvait penser de moi, de mon statut et de ma place dans la société. Je me disais que si j'arrivais à cette situation là, on me respecterait. Mais maintenant que j'y suis (plus ou moins), je ne trouve pas ma situation spécialement enviable, ni particulièrement épanouissante. Certains autour de moi me disent que je devrais faire avec. Comme si ça s'améliorerait à l'avenir. Mais, depuis bientôt plus de 10 ans maintenant, j'ai fait ce que j'ai fait parce que j'avais l'idée (à défaut de conviction, croyance ou espoir) que ma situation actuelle serait épanouissante et géniale. 

Des fois, en plaisantant, je dis que je vais tout plaquer pour ouvrir une fromagerie bio (ou plutôt une épicerie qui ferait charcuterie et fromage, même si c'est pas top pour la santé). Mais même si je me pose des questions, le fond de ma réflexion n'a pas (encore) changé. Je continue de penser que ce sont les meilleurs qui doivent être aux manettes. Durant les grèves de fin d'année, j'ai réfléchi au fait que finalement, j'aime bien la culture. Quand j'y vais, je me dis que j'aurais bien aimé travaillé à la Fnac, accompagner les clients dans leur recherches culturelles... Est-ce que je ne pourrais pas chercher quelque chose dans ce domaine là? 

Quelques semaines avant que l'article ne soit publié, j'ai eu une espèce de choc pour me secouer les puces. J'ai réalisé que je passais mon temps à me plaindre. Au final, je ne faisais rien de concret et je me laissais engouffrer dans une spirale qui ne me mènerait qu'à la médiocrité. J'ai également compris, qu'être généraliste n'avait que le sens que je voulais donner, et que je pouvais faire ce que je voulais. Je me suis remis en selle avec des objectifs clairs. Le pourquoi est le moteur quand on veut agir. Et je veux vivre pleinement mes ambitions et non plus à moitié comme j'ai pu le faire.

La Culture : L'une de mes plus grandes ambitions est de devenir un polymathe, à l'instar de certains érudits du passé, comme Aristote, Léonard de Vinci, Isaac Newton ou encore Johann Goethe. Aujourd'hui, je pense que c'est impossible, les domaines sont beaucoup trop étendues et spécialisées pour permettre d'être excellent partout. Mais on peut essayer d'être suffisamment à l'aise partout pour ne jamais être complètement perdu.

J'ai eu deux principaux centres d'intérêts qui constituent la base de tout le reste, l'astronomie et l'histoire. Peut-être parce que l'une de mes passions a longtemps été la mythologie grecque. Quand j'ai eu le sentiment d'avoir fais le tour de la mythologie grecque, je me suis dirigé vers la scandinave (alors que j'avais prévu d'aller vers l’égyptienne). Maintenant, je m'intéresse à tout ce qui peut-être folklore, même si j'ai développé une inclinaison pour les mythes africains et natifs américains. J'essaie de m'intéresser à différents types de domaines, mais ce n'est qu'au début de la vingtaine que j'ai compris que je devais plus m'intéresser au monde contemporain, avec les sciences sociales et économiques. Je ne m'y intéressais pas trop, parce que je percevais le monde actuel comme une obligation. J'étais forcé de connaître le monde qui m'entoure. Que ce soit à l'école (et encore) ou à la maison. Mais je me rends en tapant ces lignes, que ce qui m'était imposé n'était que très superficiel par rapport à la complexité de ce qui peut exister.

Depuis plusieurs années je sais qu'il est impossible de tout savoir. C'est pourquoi depuis l'an dernier, j'essaie de mettre l'accent plus sur les méthodes d’apprentissage, apprendre à construire un raisonnement, et à l'ère du vacarme de l'information et du divertissement, arriver à discerner ce qui tire vers le haut de ce qui pousse vers le bas. J'ai donc repris ma lecture de la philosophie. Bien que mon expérience scolaire avec cette matière n'ait pas été très glorieuse, je pense que c'est important pour construire son esprit.

Certains de mes amis pensent que j'ai une connaissance "encyclopédique", mais je sais qu'il n'en est rien. Je connais deux-trois choses sur des sujets divers comme l'histoire, la géographie, la physique et la biologie. Mais je me rends compte que je n'ai fait qu'engloutir des connaissances, me donnant aujourd'hui le sentiment d'être un singe savant qui répète ce qu'il sait et qui se sent intelligent. Surtout qu'au final, j'ai jamais vraiment eu le sentiment que ces connaissances m'ait tellement servi pour être accepté par les autres. C'était même l'inverse. Même maintenant. 

Finalement, ça m'a poussé à me réfugier dans la "pop culture". Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi on appelait ça la "pop culture". La culture populaire m'a toujours fait plus penser à la culture de masse telle qu'elle peut exister dans notre société de consommation. Et la culture de geek est essentiellement une nébuleuse de références de passionnés qui ont pour point commun l'imaginaire.

Alors que durant mon enfance je regardais beaucoup de télévision, ma vingtaine est plutôt marquée par beaucoup de jeux vidéos. J'ai pu pensé que le jeu vidéo pouvait être le média ultime puisqu'il implique des interventions de différents intervenants (concepteurs graphiques, compositeurs et développeurs), et pouvait avoir une portée interactive (on joue dans le jeu), artistique (les graphismes et la bande originale) et narrative (on raconte une histoire). Et même si j'en parle pas trop (je sais que ce n'est pas un opinion très populaire), je pense qu'il y a réellement du positif dans le jeu vidéo. Même si, comme dans tout, il faut savoir trouver un équilibre. Les jeux vidéos ont souvent été des formes d’échappatoire pour une vie que je trouvais monotone et dénuée de sens. De plus, ces jeux m'ont permis d'accéder à d'autres pans culturels, comme World of Warcraft qui m'a ouvert à d'autres types d’œuvres, voire des courants, que j'aurais découvert peut-être, mais bien plus tard. Maintenant, je n'ai plus autant de disponibilités pour pouvoir jouer à des jeux vidéos (notamment avec le gentleman qui accapare tout), mais j'essaie de me faire quelques sessions.

Il y a un peu plus d'un an, j'ai cherché un moyen de prendre de la hauteur, acquérir une vision et arriver à mieux me concentrer. J'ai pensé à me tourner vers un Fire Emblem, jeu de rôle tactique avec une forte emprunte de stratégie, avec une difficulté assez pointue si l'on joue selon les anciennes règles. Quelques années avant, j'ai acheté Fire Emblem Fates Heritage sur 3DS, mais pour être honnête, j'ai trouvé que le jeu avait un côté waifu simulator assez désagréable, et aussitôt que j'ai pu dégoter ma waifu, j'ai laissé tombé (no joke).

Quand j'ai voulu me rapprocher de ma muse, j'ai voulu me rapprocher de la culture classique. Celle qui constitue la doxa de la société dans laquelle nous vivons, mais qui n'est enseignée que partiellement à l'école. Et que, comme je l'évoquais plus haut, je rejetais en partie parce que je la vivais comme une obligation, et non comme un plaisir. Mais, je voulais comprendre et partager ce que je pensais être ses codes à elle.

Maladroitement, je suis allé à l'opéra, histoire d'ouvrir mon esprit. J'étais le seul homme de couleur et, vraisemblablement, de moins de 30 ans. C'était assez déstabilisant. Je ne pensais pas que ce loisir était aussi marqué sociologiquement. Ou au moins que des efforts avaient été fournis pour le désenclaver. Mais ce qui me frustre le plus, c'est que je me sois endormi durant la représentation. J'étais fatigué. Et j'espère ne pas avoir incommodé mes voisins.

Rentrer davantage dans la culture classique passe aussi par le fait d'aller voir des films qui vont au delà des films que j'avais l'habitude de voir, et d'être plus curieux. Je vais beaucoup plus souvent au cinéma. Il y a quelques années, je voulais écrire un article à chaque fois que j'allais au cinéma. Ça aurait été très difficile. Dans tous les cas, maintenant j'essaie de voir la plupart des films qui ont un point de départ qui me parle ou sont portés par un élément (réalisateur, casting fort). J'ai oublié beaucoup d'entre eux, et certains me travaillent encore. Voir tous ces films m'a poussé à m'intéresser plus à l'industrie du cinéma en général et à comprendre comment la production d'un film pouvait se dérouler. Je comprends désormais mieux Karim Debbache (ou François Theurel?) quand il citait un réalisateur qui disait qu'avec le cinéma, on peut tout raconter.

Un autre moyen de s'ouvrir à d'autres horizons est d'aller vers d'autres cultures. De façon plus pratique, ça peut passer par la maîtrise de nouvelles langues. La maîtrise des langues améliorerait également les capacités cognitives. Je parle plutôt bien l'anglais, c'est l'une des seules choses dans lesquelles j'ai véritablement confiance.  Comme j'aime dire, il y a toujours quelqu'un pour baragouiner deux mots d'anglais quand tu es quelque part. Mais j'aimerais aller plus loin et apprendre d'autres langues. La première de ces langues étant le portugais, la langue du Brésil, un pays qui me fascine beaucoup.  

Quand je suis arrivé dans l'hexagone, mon altérité a été rapidement mise en question. Avant, je ne m'occupais pas de toutes ces questions. Ayant déjà été traité de "bounty" parce que je ne me comportais comme il était attendu de moi, tout ça me laissait indifférent voire même je le rejetais. Mais quand certaines personnes ont commencé à vouloir vérifier leurs clichés, j'ai commencé à me poser des questions sur notre culture. Pourquoi attend-on des antillais qu'ils se comportent tous de la même manière? Pourquoi les antillais, entre eux, s'attendent à penser de la même manière? J'ai alors commencé à me renseigner sur la culture antillaise, et comment celle-ci s'est construite. Par extension, j'ai cherché des modèles assez similaires, et c'est à cette période que j'ai vraiment commencé m'intéresser à la colonisation, au Brésil, à l'Amérique et à l'Afrique. J'ai également commencé à fréquenter des cercles afrocentristes, mais j'ai pris mes distances assez rapidement. Je voulais mieux comprendre la culture dans laquelle j'ai grandi, et devenir militant ne m'intéressait pas. Surtout que j'avais le sentiment que les pensées de certains flirtaient bien avec quelques idées complotistes. Ce n'est que très récemment, quand j'ai commencé ce travail sur moi que j'ai recommencé à m'intéresser à des black men qui pourraient devenir des sources d'inspiration pour moi. Des personnes que je pourrais émuler.

Il y a quelque chose qui m'a toujours interloqué, c'est la fascination de ceux de ma génération pour une espèce de "bon vieux temps". Comme si nous étions la dernière génération à avoir un semblant de valeur et à avoir eu une enfance heureuse et épanouie. Je suis assez septique. Je pense que notre perception est biaisée. Le monde est plus simple quand nous sommes enfant, et peut-être qu'il l'était encore plus pour nous qui  avons grandi dans les années 90. A titre personnel, je pense souvent à des dessins animés et des séries que je regardais quand j'était enfant, et dont pour certains j'ai oublié le nom. Parfois, j'essaie de les retrouver, mais de façon générale, je me dis que c'est un Age d'Or à jamais perdu. Et que de toute façon, de tout temps et de tout lieu, il y a toujours eu une génération pour se plaindre de la suivante.

Quand j'étais plus jeune, je regardais beaucoup de télévision. Aujourd'hui, ma télévision me sert uniquement à jouer à des jeux vidéos. Cependant, je regarde beaucoup de vidéos sur Youtube. Principalement de la vulgarisation, mais aussi des vidéos de développement personnel ou de divertissement. Je trouve que je passe trop de temps sur Youtube. Je veux m'émanciper de cette surconsommation. C'est aussi la raison pour laquelle je ne regarde pas trop de série, je risque de passer mon temps à bingewatcher des saisons entières, et ne rien faire d'autre. Je veux calmer ce vacarme médiatique qui m'embrouille trop souvent. C'est une des raisons pour lesquelles j'avais entrepris la méditation. Pour parvenir à calmer ce brouhaha qui peut être assommant, et parvenir à prendre de la hauteur.

Il y a environ 10 ans, alors que je ne faisais pas grand chose de mes journées, il m'arrivait de stalker regarder des profils de jeunes femmes sur Tumblr (je ne pense pas qu'Instagram ait déjà explosé à ce moment). C'était des jeunes femmes qui vivaient aux Etats-Unis, et les voir m'emplissait d'envie. Du désir oui, mais aussi une forme d'envie, où je les voyais elles s'amuser et "profiter de la vie", et moi j'étais frustré dans mon coin. Aujourd'hui, je sais qu'il faut faire attention à tout ce que est influenceur et que ce l'on voit sur Internet n'est pas toujours vrai, mais j'ai l'impression que ma vie est drôlement stérile. Je me suis trop longtemps réfugié dans mes études ou, maintenant, mon travail pour ne pas me frotter au monde extérieur. Je comprends cela maintenant. L'une des questions que je me pose est comment faire en sorte que ma vie ne soit plus stérile?

Cœur : Le héros byronien est un archétype de la littérature romantique qui s'est répandu dans les œuvres artistiques de façon générale. Souvent de sexe masculin, c'est en général un homme brillant et séduisant qui est d'abord entraîné par ses passions qui le mettent souvent en porte-à-faux avec le reste de la société avec laquelle il vit. Prompt à l'introspection, il cache ses propres faiblesses derrière un masque de cynisme et parfois de cruauté. De la fin de mon adolescence au début de l'age adulte, je me suis beaucoup reconnu dans ce type de personnage (à part le côté séduisant). A l'époque, j'avais un ami qui m'avait dit que j'avais un penchant pour l'auto-destruction, et alors que nous parlions de The Avengers, que j'expliquais à une amie que je reconnaissais dans Hulk, un être ayant du mal à contrôler ses émotions et qui était rejeté de partout, elle me répondit qu'elle me voyait plus comme Iron Man : "solitaire, arrogant et cynique." 

J'ai alors beaucoup cherché à émuler des figures de marginaux ou d'antagonistes, comme Guts ou Elric de Melniboné. Je comprenais ces personnages, ces marginaux qui peuvent avoir l'air effrayant, mais qui cachent une grande sensibilité voire une forme de fragilité. De même que quand j'étais adolescent, je me reconnaissais dans Anakin Skywalker, et les Sith, dans la définition de leur individualité sur tout le reste, m'auront longuement influencé. Mais, je ne réalisais pas que le fait de me comporter comme un chien fou ne donnera jamais envie à qui que ce soit d'avoir envie de me connaître! Ou peut-être que je ne suis tout simplement pas assez charismatique!

Aujourd'hui, je me suis calmé, et le travail m'a beaucoup poli. Néanmoins, je ressens régulièrement le tourbillon de la passion m'emporter, et je continue à me demander quelle est ma place dans ce monde.

La Création : Quand j'étais enfant, j'aimais beaucoup dessiner. J'aimais également beaucoup raconter des mini-histoires avec ces dessins, un peu comme des ébauches de story-boards. Même si j'ai envie de reprendre le dessin, c'est quelque chose que j'ai progressivement mis de côté. Notamment au profit de mes études.

Ensuite, durant mon adolescence, j'ai développé des "projets d'écriture". A une époque, j'ai pensé à me chercher à me faire éditer, mais actuellement, je vois ça plus comme un moyen de me détendre. En général, je n'aime pas trop en parler. D'une part, je sais pas comment ça peut être perçu ce genre de choses, vouloir écrire du médiéval fantastique et pas des choses "sérieuses". D'autre part, je n'ai pas non plus envie que l'on en parle trop régulièrement, histoire de rajouter du stress supplémentaire et me rappeler que je suis vraiment un "mec à idées", le type de gars qui a toute sorte d'idées, mais est incapable de les mettre en oeuvre.

Actuellement, j'ai deux principaux "projets" sur le feu. Le premier est les Terres d’Émeraude. Je voulais raconter une immense saga caribéenne, à la Star Wars (la première trilogie), le Seigneur des Anneaux ou le Trône de Fer. Mais le visionnage d'une vidéo du Chef Otaku me fait réfléchir dessus. Il y explique qu'il vaut mieux commencer par des petites histoires, des one shot, pour se faire la main. Je commence à penser qu'il a raison. Le second est mon rêve de jeu de rôle, Monstres et Merveilles. Lettre d'amour à peut-être mon genre favori, il n'a pas vocation à être original, mais à rassembler tout ce que j'ai pu trouver cool dans les différents univers que j'ai pu côtoyer et visiter. Je sais maintenant quel type de règle je veux, mais je dois prendre le temps de les articuler.

Je me demande également, si je ne pourrai pas profiter de ces univers sur lesquels je travaille pour ne pas commencer à faire de la poésie. Quand j'étais plus jeune, je prenais la poésie avec pas mal de dédain. J'avais du mal à comprendre la beauté dans des phrases qui riment. Même maintenant d'ailleurs. Mais j'aimerais me rapprocher d'Escanor (qui est un peu à l'origine de tout ça), et de Lord Byron, qui m'aura permis de trouver un modèle où m'insérer (tant bien que mal). Je voulais écrire de belles choses pour ma muse, mais hélas je n'arrivais pas à agencer les mots pour construire les vers.

Je me sens grandement frustré de ne pas pouvoir avancer sur ces projets, et ne pas parvenir à proposer des premières versions, et j'aurais voulu leur allouer beaucoup plus de temps. Les recherches que je peux réaliser pour écrire me passionnent et écrire me fait vibrer. Cette frustration me confirme dans mon sentiment d'être un "mec à idées", incapable de mener un projet à terme.

Alors que je tape ces lignes, je me rends compte que ce journal est également un projet d'écriture. Même si j'ai pu voir mon évolution sur ces quelques années (avec des articles de plus en plus denses), j'ai aussi réalisé autre chose. Quand j'ai commencé cette aventure du bloguing, je voulais me créer un espace d'expression pure, où je pourrai parler de ce que j'aime. A une époque, je pensais que mes proches viendraient voir ce que j'aurais pu écrire. Et peut-être, que des filles verraient ce journal et se rendraient compte que, finalement, j'étais un mec plutôt intéressant. Qu'est-ce que j'ai eu tort! Je doute que beaucoup de monde ne vienne, et qu'aucune fille qui soit arrivée ici ne se soit dit "woaw, il est trop intéressant ce mec!" Mais, cela a eu pour conséquence de me faire me replier davantage sur moi. Je pensais que le fait que je parle de mes actions et réflexions ici les justifiaient, et que je n'avais pas à en parler en vrai! Ce repli sur moi est d'autant plus vrai depuis que je tiens ce journal ci, où je parle de choses beaucoup plus personnelles. J'ai alors une attitude ambivalente, où j'ai effectivement envie de partager tout ça, mais dans le même temps, je ne veux pas que ce soit vu par les gens que je vois tous les jours! On frise la schizophrénie! Ce qui fait que j'ai une attitude ambivalente avec son "succès". Dans 99% des cas, j'ai l'impression que tout le monde l'ignore copieusement (ce qui m'arrange parce que je peux écrire ce que je veux), mais il y aura ce 1% qui sort de tellement nul part que je suis pris par surprise.

Aujourd'hui et à côté de tout ça, je pense que l'on peut désormais rajouter la musique. Au début de la vingtaine, je voulais jouer du violon. Je trouvais que l'instrument était foudroyant. L'idée n'a jamais rien donné. Mes études m'accaparaient, je ne savais pas comment prendre des cours, et j'ignorais tout simplement comment acquérir un violon. Quelques temps après, je regardant des clips de Jamiroquai, et je me demandais quel était cet instrument assez sourd, et je suis tombé sur cette vidéo. Et je me suis dit que je voulais jouer de la basse. Je voulais avoir cette chaleur, et cette rondeur. Ce côté funky. L'idée est restée dans un coin de ma tête. Il m'est très rarement arrivé d'en parler (j'ai du en parler deux fois avant de m'y mettre). 

Puis je voulais séduire ma muse, mais aussi relancer ma vie. Une activité artistique serait bien. L'écriture est souvent solitaire, et je ne dessine plus depuis des années. J'ai cherché à prendre des cours de danse. Il n'y avait plus de cours disponibles à ce moment. Je me suis alors dit : "pourquoi pas la basse?" Dans la même période, Occulture sortait une vidéo sur les Oiseaux-Tonnerres, et du modèle de basse (qu'il aurait confondu avec une guitare) de la Thunderbird. J'ai eu un coup de foudre ! Quelques mois après, pour mes 28 ans, je me suis offert l'engin.

Au départ, je ne pensais pas spécialement prendre de cours. Mais, comme j'en ai déjà parlé, apprendre en autodidacte est compliqué parce que la motivation monte et descend, pour avoir du mal à remonter. J'ai donc commencer à prendre des cours. D'une part, ça force à jouer régulièrement (je me suis déjà fait souffler dans les bronches par mon professeur parce que je ne jouais pas assez), mais aussi ça m'ouvre mes perspectives sur le monde de la musique qui m'était en grande partie inconnu.

Je ne sais pas si c'est parce que je m'ouvre plus à la musique,  mais écouter certains morceaux de la bande originale de Pokémon Epée et Bouclier m'a donné envie de me mettre à la guitare électrique. L'idée me trottait depuis un moment en tête, quand j'avais envie de refaire certains morceaux de Smash Bros Ultimate. Il y a aussi ce solo qui continue encore de me rêver. Et certaines chansons qui m'ont toujours fait planer. Ainsi, autant je perçois ma basse comme un instrument pour faire de la funk, autant la guitare ce serait pour faire du MÉTAL! Ou du rock alternatif. En discutant avec mon prof de basse, j'ai trouvé un modèle qui se compléterait avec ma Thunderbird, une Firebird. Avec elle, j'aurais un duo élémentaire de choc, Feu et Foudre! Là encore, je pourrais écrire un article entier rien que pour dire à quel point ça me fait rêver. Mais le problème, c'est le prix. Plus que prohibitif pour le moment. Il m'a alors conseillé une stratocaster de Squier. Je vais tâcher de mettre de côté pour pouvoir me l'acheter. Reste à voir comment je concilie l'apprentissage de la guitare avec tout le reste.

Les Autres : Je me suis toujours senti à part. Quand j'étais enfant, je voulais que les autres enfants m'acceptent, et j'ai développé un semblant d'humour. Pour que l'on me remarque. En grandissant, j'ai progressivement changé d'avis, en me disant que si les autres ne voulaient pas de moi, moi non plus, je ne voulais pas d'eux. Et je me suis défini comme un solitaire asocial. Je suis devenu beaucoup plus taciturne.

Au début de la vingtaine, je cherchais des endroits où je pourrais échanger sur que j'aimais, et j'ai alors fréquenté quelques forums. Mais au bout de quelques mois, je les ai laissé tomber. Je trouvais que bien souvent ça tournait en rond, les sujets s'épuisaient vite et ça tournait au noms d'oiseaux. A peu près dans le même temps, il y a eu le boom des réseaux sociaux. Je pense avoir fait partie des premiers sur Facebook. C'était d'abord pour pouvoir trouver des photos de hip hop vixen (je n'avais pas encore réalisé ma full transition vers les fit girls), par la suite pour rester soit-disant en contact avec les anciens camarades de classe et autres amis que j'avais perdu de vue. Mais assez vite j'ai remarqué que les relations étaient superficielles, et j'ai progressivement pris mes distances. Maintenant, je trouve que Facebook me fait tourner en rond, me proposant quasiment tout le temps les même choses, comme une chambre d'écho. Je garde la même distance vis-à-vis des autres principaux réseaux sociaux. Twitter devait me permettre de suivre certaines personnalités, mais le côté guerre ouverte et trolling m'a quelque peu repoussé. Quant à Instagram, je voulais en faire un journal de ma transformation physique, mais peu après l'avoir crée, j'ai pris du poids, et j'avais trop honte de m'afficher. Même maintenant, j'ai du mal à suivre qui que ce soit et accepter quoique ce soit comme invitation.

Avec le recul, je me rends compte que j'ai été une espèce de "no life" (voire même une forme de "hikikomori") pendant plusieurs années. A l'époque, je rejetais un peu cette notion, déjà parce que j'étais étudiant (et que ça me donnait un semblant de vie sociale, je croyais), et aussi parce que je ne me projetais pas complètement dans une vie virtuelle. Mais, je me rends compte que je m'étais réfugié dans le virtuel parce que je voulais fuir le réel qui ne me satisfaisait pas du tout. Je m'ennuyais beaucoup, et je trouvais que finalement c'était un moindre mal plutôt que d'aller stagner quelque part. Je me sentais seul parce que je ne me reconnaissais pas dans ce que je pouvais voir autour de moi, et je me sentais frustré à cause d'une société qui voulait m'imposer mon rôle. Je n'avais qu'une hâte, partir. C'est pour cela que je me suis renfermé sur moi, j'attendais. Ce n'est clairement pas sain du tout, et même aujourd'hui je récupère de cette époque. Qui m'a complètement atrophié socialement.

Il y a eu une période de haut et de bas, puis on reparle encore de ma muse. Quand je l'ai rencontrée, elle me donnait l'impression d'une vie sociale épanouie, et le sentiment qu'elle avait accès un monde qui était hors de ma portée. De ce que j'ai pu comprendre, les femmes ont en général une vie sociale plus remplie que les hommes. Mais, je me disais que si je voulais voler aussi haut qu'elle, je devais moi aussi devenir une créature sociale et sortir de ma carapace.

La première des choses a été d'apprendre à mieux me comporter. Je pense connaître les règles de comportements de base, mais je sais que je peux être brutal dans mon attitude et que j'ai longtemps cherché à marcher sur certaines normes établies parce que je les percevais comme le fondement de ma marginalisation. Tout ça pour un mec qui prétend vouloir devenir un gentleman... Quoiqu'il en soit, j'ai pris ce qualitatif au mot, et j'ai cherché à savoir comment je pourrai effectivement devenir ce gentleman. Connaître les règles de savoir-vivre, comprendre les dynamiques sociales et être à l'aise dans un cadre social.

Je me suis dit aussi qu'avoir des connaissances c'est bien, mais pas suffisant. Je me suis alors rapproché de certains de mes (anciens) amis. Au départ, je pensais qu'ils n'auraient rien voulu faire avec moi. Finalement, ils m'ont accepté. Et je leur en suis reconnaissant, même si j'ai du mal à le montrer. De la même façon, j'aurais voulu m'excuser auprès de toutes les personnes avec qui j'ai été un con, mais je pense que ça me ferait m'excuser auprès de centaines de personnes (même si j'en ai une en particulier à qui je pense régulièrement). Mais, dans le même temps, je voulais également étendre mon champs de connaissances. Quand on grandit vieillit, la vie nous met dans des tunnels et il est difficile d'en sortir. On fréquente le plus souvent le même type de personnes, comme ses collègues, et éventuellement les amis d'enfance avec qui on est toujours en contact, mais on reste dans une ambiance assez identique. Cela crée la reproduction sociale, tout ça. Et je voulais casser ce cycle. J'ai tâché alors de réaliser quelques sorties en dehors de mon cercle classique.

Concernant le sujet éminemment important de la gente féminine, j'ai longtemps manqué de confiance en moi, et je n'osais pas parler aux filles qui pouvait me plaire. Faut dire aussi que j'ai la fâcheuse tendance à viser le haut du panier. Ça n'aide pas quand soi-même on vient du fond. Quant aux autres, je percevais souvent nos rapports comme conflictuels. Il y avait une forme d'incompréhension mutuelle. J'ai alors passé des années convaincu que je ne plairais jamais à personne. Puis, je suis parti, et ma vision des choses a progressivement évolué. J'ai appris que je pouvais plaire, et que je n'étais pas ce monstre que je m'étais imaginé.

Dans tout ça, je ne peux pas ne pas évoquer cette fille. C'est un peu le Jupiter de mes 20 ans en terme d'influence. Je crois qu'avec elle, je suis rentré dans les annales à la fois de l'obsession amoureuse et de ce que l'on appelle la Friendzone. En effet, j'ai tenu la torche pendant des années (peut-être, comme elle l'avait souligné, parce que je n'avais personne d'autre dans ma vie), et finalement, on s'est mis ensemble! Je me disais alors que la Friendzone n'existait pas, et que seule la confiance en soi et le "lifestyle" importaient. Mais qu'est-ce que j'étais heureux! C'était le fin du game! La route était tracée! Jusqu'à ce qu'on se rende compte qu'elle arrive à un précipice.

Durant ce bout de chemin que l'on a passé ensemble, plusieurs choses m'ont interloqué : la première fut lorsqu'elle déclara que je lui appartenais, je me suis dis que c'était la passion qui la faisait parler, mais cette déclaration ne m'a jamais complètement quitté. Puis que, alors que j'étais dans un premier cycle de développement personnel (qui a été coupé court parce que la relation devenait de plus en plus éprouvante), que je ne devais pas trop chercher à m'améliorer, sinon je la quitterais (alors qu'à ce moment, il était hors de question que je quitte cette femme qui avait changé ma vision du physique féminin, et avec qui je pensais que je pouvais m'ouvrir). Enfin, quand elle m'a avoué qu'elle veillait à ce qu'aucune autre fille ne se rapproche de trop près de notre groupe d'amis. Ça m'avait choqué. Ma perception quant à mon potentiel d'attractivité était-elle faussée? D'autres révélations et clash plus tard me montreront que l'on ne connait jamais vraiment les personnes que l'on pense connaître.

J'ai pris la décision de couper tout contact avec elle. Elle avait pris trop de place dans ma vie, et j'avais peur qu'elle ne retente de m'influencer. Je devais parvenir à m'assumer tout seul. Il m'a fallu des années pour vraiment récupérer de cette rupture. En prenant un peu de recul, je me dis que nous nous sommes rapprochés au moment où ni elle ni moi n'étions vraiment prêt, mais également que nous avons des manières différentes d'exprimer notre affection, et que nous étions incapables de comprendre celle de l'autre.

Entre-temps, j'ai pu réaliser quelques rencontres, mais ce n'est que très récemment, grâce à ma nouvelle muse, que j'ai pu me remettre en selle. Déjà parce que je voulais m'émanciper d'elle, mais aussi parce qu'à la suite de tout le travail opéré, j'ai gagné confiance en moi.

Il m'arrive régulièrement de me demander s'il existe des réalités alternatives. Si ces dernières existent bien, je me demande alors comment est ma vie dans ces univers. Est-elle meilleure? Est-ce que j'ai vécu jusqu'à cet age? Si cette théorie était vraie, je n'aurais de toute façon aucune manière de le savoir de mon existence. Il n'y aura jamais qu'une seule réalité en dépit de mes souhaits.

Depuis mon adolescence, je me demande quelle est ma place? Cette question m'a animé et porté pendant des années, alors que je recherchais un endroit où je pourrais me sentir vraiment moi. Est-ce du à mon tempérament? Je ne dirais pas que j'ai fréquenté tous les milieux qui puissent exister, mais de tous ceux que j'ai pu connaître celui qui me parait le plus accueillant est celui des sportifs au sens le plus large. Les différences s'estompent pour offrir un monde où tous peuvent s'épanouir à leur rythme. Mais depuis quelques temps, je réalise que la seule chose que je peux réellement faire, plutôt que de la chercher comme l'El Dorado, ou plus exactement Shangri-La, c'est la créer cette place.

Dans cette recherche presque "existentielle", l'übermensch, le surhomme nieztschéen, a été une source d'inspiration pour moi. Il réussit à vivre selon ses règles, quitte à aller à l'encontre de la société qui l'entoure. Et à ce point de ma vie, je me dis que je ne le deviendrais jamais. Déjà parce que je suis devenu fonctionnaire, mais aussi parce que j'ai trop de frustrations et de regrets. J'aurais voulu changer trop de choses dans ma vie. Et le surhomme, lui, est prêt à revivre sa vie, telle qu'il l'a vécue.

Au début de la vingtaine, je n'avais pas vraiment de respect pour les entrepreneurs. Je pensais que, en dehors des très grandes entreprises internationales, la plupart passaient leur temps à travailler pour finalement pas grand-chose (en plus d'avoir échoué à l'école). Mais aujourd'hui, je réalise à quel point j'ai été stupide, et maintenant je les respecte. Ils parviennent à faire une activité qu'ils apprécient, créent leurs propres opportunités, et sont libres. Je trouve ça admiratif, et je cherche des figures pour pouvoir m'inspirer à aller vers ce type de personne.

Quand j'ai commencé ce cheminement, je voulais devenir un meilleur homme (si ce n'est le meilleur) pour pouvoir séduire ma muse. Mais, en dehors, d'un misérable petit tas de secrets, qu'est-ce qu'un homme? En dehors de réponses toute faite, parfois caricaturales, je ne sais pas vraiment quoi répondre, si ce n'est qu'un homme prend soin de lui et des siens. Mais une femme fait pareil, non?

Il y a quelques mois, j'avais commencé à repenser ma vie en terme d'aspects. Il y aurait 4 aspects, un personnel, un social, un professionnel et un sentimental. Je ne l'ai pas poussé à bout parce que je trouvais mes critères assez complets comme ça. Mais il y a quelques semaines, je suis tombé sur la théories des fourneaux qui dit que notre vie comporte quatre fourneaux, un pour la santé, un pour la famille, un pour le social et un pour le travail. Cette théorie met en brèche l'idée qu'un équilibre est possible dans la vie, puisque nous avons une quantité limitée d'énergie à fournir pour chaque fourneau. Certains mettent toute leur énergie dans un seul fourneau au détriment de tous les autres, ceux qui ont une forme de succès plus limitée arrivent à mettre leur énergie dans deux. Mais diviser son énergie en quatre part égale serait contre-productif. Cependant, il est également possible de changer ses priorités à chaque instant de sa vie, et on peut être dans une période où l'on donne de l'importance à tel ou tel chose.

Réfléchir comme ça, me rappelle un article d'un site que j'aime beaucoup, TV Tropes. Cet article s'appelle les 3 visages d'Adam, il distingue la vie d'un homme en 3 grandes étapes, la période du Chasseur, la période du Seigneur et la période du Prophète. Actuellement, je serais encore dans ma phase de Chasseur, celle où on a envie de s'affirmer, conquérir le monde et bousculer le status quo. Mais quand je regarde mes 20 ans, je réalise que j'avais peur. J'avais peur de prendre des risques, et d'aller au devant du monde. Je ne croyais pas vraiment dans mes capacités. Je me sentais aliéné et n'arrivais pas à m'exprimer. Je ne voyais pas plus loin que le bout de mon nez. Et au fond de moi, je pense que je le savais, puisque cette (non-)vie m'insupportait. Quand je réfléchis à tout ça, ça me rend dingue!

Aujourd'hui, j'ai l'impression que je vis ce que j'aurais du vivre il y a dix ans, et j'ai peur de recommettre les même erreurs. Me refermer sur moi parce que ce serait plus simple, et laisser encore dix ans me passer dans la figure.

Un jour, un ami me disait que quand nous étions plus jeune, nous n'avions pas accès à la connaissance comme aujourd'hui où l'on peut trouver toute sorte d'informations sur Internet. Mais dans le même temps, ça me fait penser à Michael Gundill qui disait qu'il y a plusieurs années (voire décennies), il se renseignait en lisant des magazines et des articles. Peut-être que cette réflexion est extensible à d'autres domaines, et qu'il aurait été possible de se renseigner et acquérir des compétences en épluchant les différents magazines spécialisés, mais que nous n'avons jamais fait l'effort nécessaire.

J'en avais parlé il y a des années, mais mon père ne s'est pas occupé de moi. Comme beaucoup de jeunes antillais. Quand j'étais plus jeune, je pensais que ça ne faisait que me rendre plus fort, et rendrait mon triomphe plus prestigieux. Ce n'est que très (très) récemment que j'ai vraiment commencé à comprendre comment son absence a pu impacter ma vie. Je sais qu'elle aurait été drastiquement différente s'il avait été là. Peut-être pas nécessairement meilleure, mais différente c'est sur. Maintenant, et ce n'est que mon avis lié à mon histoire personnelle, je pense qu'il est important qu'un enfant ait ses deux parents. Après, je ne vais pas non plus me risquer sur une quelconque pente glissante.

Depuis quelques temps, j'ai envie de faire des tests ADN. Pendant longtemps, j'ai pensé qu'il s'agissait d'une perte de temps. Je savais que j'étais un descendant d'esclave et je ne voulais pas nécessairement en savoir plus. Mon passé le plus lointain avait été effacé par la traite et l'esclavage, et que désormais, la seule chose que je pouvais réellement faire, c'était construire mon avenir. Mais depuis quelques semaines, je réalise que même si je suis incapable de la reconstruire parfaitement, mon histoire n'est pas qu'une ombre qui s'étend sur près de 400 ans.

Quand j'ai commencé ce chemin vers le Gentleman, je pensais que ce serait difficile et sans doute long, mais que ça se ferait de façon assez linéaire. J'étais sur une voie et c'est parti. Mais je me rends compte que la Vie, ce n'est pas une droite. On avance, on recule, on stagne, on a des échecs et des réussites, etc. Je ne sais pas si je vais continuer à écrire des articles sur mes progrès. En tout cas de façon aussi régulière. Je trouve que les articles deviennent assez redondants.

Bon sang, ce doit être l'article le plus long que j'ai pu écrire! Sacré pavé!

Eh bien dis donc, on pourrait mettre du Linkin Park sur tout l'article! Je pensais pas que j'ai pu être aussi à cran et d4rk!

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