Batman : Year One
Avec The Dark Knight Returns, Batman : Année Un est l'alpha et l'oméga de Batman écrit par Frank Miller. C'est une des œuvres qui a contribué à l'essor de ce qui sera appelé l'Age Sombre au milieu des années 80, et parmi les plus de 70 ans d'histoire éditoriale du Chevalier Noir, il est toujours considéré canon (enfin, faut voir le Year Zero qui arrive), et aura inspiré Batman Begins de Christopher Nolan. Il bénéficiera d'une réédition française, dans le cadre de la sortie d'un film animé en 2012.
Après 12 ans de voyages pour s'entraîner à travers le monde, Bruce Wayne revient à Gotham City pour commencer ce qui sera sa mission, combattre le crime. Dans le même temps, un nouvel inspecteur, James Gordon est transféré à la police de Gotham. Épris de justice, il se demande si un tel endroit est viable pour fonder une famille.
En effet, Gotham City est une métropole pourrie jusqu'à la moelle. La majorité de la police est corrompue, sous l'influence de la pègre. Gotham est gangrenée par le crime, la drogue et la prostitution. Mettre de l'ordre dans ce merdier sera tout sauf une sinécure, ce que les deux hommes apprendront très chèrement.
Batman : Année Un n'est pas une aventure de super-héros classique. En effet, la plupart des ennemis du Détective n'existent pas encore, et les protagonistes sont confrontés à de la pègre "classique". Comme la plupart des autres travaux de Frank Miller, Année Un correspond d'avantage au genre noir, ou plutôt gris très foncé, puisque la fin, même si elle annonce de gros problèmes à venir est pleine d'espoir.
Batman est, à mes yeux, bien peu présent dans une oeuvre sensée représentée la première année de son activité. Oui, c'est vrai que l'on voit comment s'est littéralement construit Batman à partir de Bruce Wayne ; qu'il n'a pas toujours l'espèce de deus ex machina ambulant qu'il sera plus tard dans d'autres séries, qu'il a failli se faire tuer à de nombreuses reprises. Mais voilà, d'une certaine manière, l'objectif de Batman, c'est de transcender l'humanité de Bruce Wayne, devenir autre chose pour combattre le crime. C'est pour cette raison que j'ai beaucoup apprécié la scène où lui l'inspiration de la chauve-souris.
Je trouve que James Gordon est le véritable protagoniste de Année Un. Il est un des rares policiers à ne pas être corrompu, et le seul à vraiment vouloir nettoyer la ville mais aussi la police, et il y a beaucoup qui veulent le neutraliser, par tous les moyens. L'essentiel des émotions qu'on ressent se déroulent au travers de ses yeux à lui. On assiste à ses heures sombres, quand il est en plein doute en tant qu'homme, mais aussi à ses moments de réussite ou de victoire. Enfin, on voit comment se construit sa relation avec Batman, comment il passe d'un policier qui veut stopper un justicier, en dépit d'approuver son action à un des premiers alliés de Batman.
En vérité, je trouve que Batman : Année Un dépeint d'avantage l'histoire de la rencontre et de l'amitié qui va naître entre deux hommes solitaires, et isolés, qui se sont alliés tacitement dans leur volonté de faire de Gotham, chacun à sa manière, un endroit meilleur que véritablement le récit de la première année de Batman.
Il me faut faire aussi une mention spéciale à Catwoman. Pour être honnête, Catwoman est la principale raison qui me fait apprécier cette oeuvre. Ce n'est pas D'habitude, je n'intéresse pas trop à Catwoman, trouvant que ce n'est qu'une femme fatale classique, mais le character design de Selina Kyle dans ce film m'a époustouflé!
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