UNDERTALE
J'ai finalement joué à Undertale. Au départ, je ne voulais pas. Je ne sais plus vraiment pourquoi. Même si je trouvais le jeu intéressant, il me donnait plus envie de jouer d'abord à un jeu de la série Mother (plus particulièrement EarthBound) et plus tard à un jeu de la série Shin Megami Tensei, que j'évitais jusqu'alors (pour moi c'est un vrai bordel cette série). Cependant, ces deux séries sont plutôt difficiles à mettre la main dessus. Donc faute de givre, on se contente de merle!
Il y a vachement longtemps, une guerre éclata entre les Humains et les Monstres. Ces derniers furent vaincus et emprisonnés derrière une barrière magique presque infranchissable. Ils s'enfoncèrent alors dans les méandres de la terre, et l'on entendit plus jamais parlé d'eux.
En 2XXX, un enfant parvint à franchir à la barrière. Son but est de parvenir à rentrer chez lui. Cependant, les Monstres ont pour mission d'attraper voire tuer tout Humain qui franchirait la barrière. En effet, il faut 7 âmes d'Humains pour parvenir à briser la barrière, et le Roi des Monstres en possède déjà 6.
Cet enfant devra alors faire preuve de détermination s'il veut survivre dans ce monde souterrain, et ses actions auront de lourdes conséquences pour les Monstres.
Scénario : On s'éloigne un peu des carcans auxquels j'ai pu assister ces derniers mois. En gros, on n'est pas vraiment dans la progression du héros. Le personnage du joueur est plus un élément perturbateur dans un microcosme donné. C'est assez intéressant. Je dois avouer que je ne souviens plus quelle est la dernière fois où j'ai vu ça.
Les monstres sont dépeints comme menant leur propre existence, avec leurs rêves et espoirs, et puis arrive le personnage, un être étrange, silencieux et extrêmement dangereux.
Les personnages sont écrits de façon assez fine, et ont tous leurs degré de nuance (y compris les rencontres aléatoires, qui ont leurs propres rêves et espoirs), de fait la plupart des personnages est vraiment attachante voire touchante. La grosse majorité des monstres n'est pas mauvaise, et est même plutôt sympa (sauf 2 cas), et s'ils vous attaquent, c'est soit par parce qu'ils pensent bien faire ou sont ignorants.
Enfin, l'écriture est très méta, et est parfaitement consciente de son propos. Cela se voit dans certaines blagues qui sont très conscientes, un quatrième mur très fragile, et parfois de façon plus sérieuse, une prise de conscience assez forte. Par exemple, en finissant le jeu, j'ai réalisé que l'un des personnages les plus cruciaux n'était autre que l'incarnation du jeu. J'ai trouvé ça vraiment balèze.
Néanmoins, ce jeu m'aura fait réfléchir sur la manière que j'ai d'aborder les matériels de divertissement. Pendant des semaines, voire des mois, je me suis goinfré de spoil allègrement. D'habitude, je distingue ce que je peux lire, par ci ou par là, de ma propre expérience. Comme j'aime dire, je commence un livre par le dernier chapitre, comme ça, je peux découvrir l'ensemble de l'aventure. C'est le voyage qui compte, pas la destination. Pas vraiment avec Undertale. La destination compte autant que le voyage. Sans nécessairement m'avoir gâché le jeu, je me demande comment j'aurais réagis si je n'avais pas eu connaissance de certains points narratifs.
Ambiance : L'une des caractéristiques d'Undertale que j'apprécie le plus est la bande sonore. Si j'apprécie l'ensemble, je retiendrais particulièrement Heartache, qui m'a montré à quel point elle était belle et Battle Against a True Hero, hyper épique. En jouant, j'ai également découvert Another Medium, la musique des Terres Chaudes, une musique onirique. D'ailleurs, Richaaed a repris en version metal les principaux boss du jeu, et c'est juste énorme. Je recommande Toutes. Les. Reprises. Sans exception.
D'un point de vue graphique, on est sur du faux-retro, l'idée étant de se rapprocher d'un Mother graphiquement (d'après ce que j'ai compris). Je pense que ça fonctionne très bien, surtout pour ce que l'on essaye de raconter, une petite histoire en apparence toute simple. Ces graphismes font merveilleusement ressortir l'univers. Je pense au design des monstres, mais en plus particuliers les décors, en particulier, la Cascade et Snowdin. J'ai lu quelque part que les décors marquaient les saisons et c'est vrai.
De façon générale, il ressort de l'ambiance du jeu, un vrai sentiment de mélancolie, et d'espoirs vains. C'est beau mais pas la joie. C'est quelque chose que j'ai vraiment ressenti dans la Cascade, un lieu magnifique, mais plein de tristesse.
Jouabilité : Les combats se font au tour par tour. Cependant, là où vous pouvez attaquer le corps de vos ennemis, les montres attaquent votre âme. Concrètement, cela signifie que lorsqu'ils vous attaquent, vous passez en mode bullet hell, où vous êtes assaillis de plein de projectiles à éviter. Si pour la plupart des ennemis ça peut être assez simple, pour les boss, c'est autrement plus corsé. Quant à vous, il faut appuyer au bon moment pour infliger le plus de dégâts. Cependant, le jeu vous invite vraiment à éviter de résoudre les conflits par la violence, et il existe plusieurs moyens de vaincre un monstre sans le trucider brutalement, que ce soit en riant à un jeu de mot, lui faisant un câlin ou en l'ignorant copieusement. C'est d'ailleurs un des aspects principaux du jeu. Allez-vous massacrer tous les monstres, chercher simplement à vous défendre ou montrer qu'il est possible de s'en sortir sans utiliser la violence? Personnellement, je connaissais déjà une grande partie de l'intrigue, et ai tâché de faire une première run comme dans un jeu normal, tuant les monstres que j'ai rencontré ou ceux que je ne parviendrais pas à épargner, finalement, je me suis retrouvé à épargner tous les monstres que j'ai rencontré. Déjà parce que le jeu vous y incite vraiment ("-Tues pas les monstres, stp." "-Ok.") et puis c'est marrant de découvrir qu'est-ce qu'il faut faire pour pouvoir épargner l'hippocampe bodybuildeur ou l'avion tsundere. Au final, le jeu et l'histoire sont profondément intégrés et dans la dernière ligne droite, ils seront quasiment fusionnés pour donner certains boss finaux les plus fun que j'aurais jamais rencontré.
A côté de cette caractéristique principale, il y a de nombreux puzzles au cours du jeu, bien qu'ils soit rarement très difficiles (pas souvenir d'en avoir peiné sur un), ils sont marrants.
Le seul point que je regrette vraiment, c'est la difficulté qu'il y a à se déplacer dans le monde, mais j'ignore si c'est voulu.
Durée de vie : Undertale prétend n'être qu'une simple aventure, et il est assez court en lui-même. Cependant, le jeu est conçu pour permettre une bonne rejouabilité pour ceux qui veulent découvrir tous ses secrets. Néanmoins, ils ont intérêt à se tenir prêts à quelques coups de poings dans le foie.
Il est difficile de parler d'Undertale sans vraiment spoiler, même si je me rend compte que j'ai plus ou moins réussi. Au final, c'est un excellent jeu, qui est fun à jouer et très touchant dans sa réalisation. Je me demande s'il y a un projet de traduction française, surtout vu comment tout le monde est à genou devant ce jeu.
"Howdy!"
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