Le fait de travailler sur le Big Five, m'a fait un peu réfléchir sur le "spectre politique". Une partie de moi pense que le spectre classique gauche-droite n'est pas suffisant, ni adapté de nos jours. Et qu'il faudrait quelque jour de plus précis.
Au départ, je pensais que l'alignement se faisait sur deux axes l'autorité et la société. Plus tard, je suis tombé sur une vidéo où la démonstration était qu'il y avait trois axes, un axe pour l'autorité, un deuxième pour l'économie et le dernier pour la société. J'ai repris cette analyse. Il y a une université américaine qui propose un test de "profilage" politique assez fin. A ces trois axes, ils rajoutent un quatrième, les relations internationales.
Pour autant, avec du recul, je ne pense pas que le spectre gauche-droite puisse disparaitre. Il existe depuis des siècles un clivage de ce type. Je l'aurais carrément fait remonter au moins à la Rome antique, où, à la fin de la République, il existait une opposition entre les Populares, qui voulaient donner plus de places aux castes modestes, et les Optimates qui voulaient conserver les privilèges de l'aristocratie.
C'est aussi pourquoi j'ai du mal à comprendre les surréactions de certains. Il y a des mouvements de balanciers constants entre des forces "progressistes" et des forces "conservatrices".
Pouvoir : Cet axe mesure le rôle de l'État dans la vie des citoyens et l'étendue de ses pouvoirs. C'est la balance entre la sécurité et l'ordre public d'un côté et les libertés individuelles de l'autre. Quelle est leur importance et comment sont-elles protégées? Quelle est la part d'autonomie personnelle des citoyens? Il va du libertarisme (maximisation des libertés individuelles, réduction de l'intervention étatique) à l'autoritarisme (restriction des libertés individuelles pour maintenir l'ordre et la sécurité).
- L'Autoritarisme favorise un État fort avec des pouvoirs régaliens étendus pour faire respecter les normes. Il soutient des restrictions plus ou moins prononcée des libertés individuelles pour maintenir l'ordre, la sécurité et la stabilité.
- Le Libertarisme affirme la primauté des libertés individuelles et pour cela appuie la réduction de l'intervention étatique dans la vie personnelle et les affaires privées. Il soutient la protection des droits individuels contre les ingérences de l'État.
Économie : Cet axe mesure le rôle de l'État dans l'économie, que ce soit pour réguler les marchés ou redistribuer les richesses. Il cherche également à savoir si les moyens de productions doivent être collectifs ou "privés". Par extension, il concerne aussi l'étendue des services fournis par la collectivités. Il va du socialisme (intervention étatique importante, redistribution des richesses) au capitalisme (libre marché, propriété privée des moyens de production).
- Le Socialisme favorise une intervention étatique importante dans l'économie, la redistribution des richesses, des services publics robustes, et des politiques sociales pour réduire les inégalités. Il promeut des programmes de planifications et de nationalisation de certains secteurs, des impôts progressifs et des services publics étendus.
- Le Libéralisme économique préfère le libre marché avec une intervention étatique minimale. Les politiques publiques encourage l'entrepreneuriat et la création de richesse individuelle pour stimuler la croissance et l'innovation. Les services publics sont privatisés avec des réductions d'impôts et des incitations fiscales pour les entreprises.
Morale : Le dernier des axes "majeurs", il évalue les attitudes envers les changements sociaux, l'égalité des droits, et la diversité culturelle. Celui-ci touche plus au rôle et à la place de chacun de la société. Quelle est la place des minorités face à la majorité? Quelles sont les valeurs défendues par le groupe? Doivent-elles changer et pourquoi? Il va du progressisme (soutien aux droits des minorités, réformes sociales) au conservatisme (préservation des traditions, valeurs familiales).
- Le Progressisme soutient généralement les réformes pour adapter la société aux évolutions contemporaines. Il favorise ainsi les changements sociaux, les droits des minorités et la diversité culturelle. La société est en mouvement régulier.
- Le Conservatisme préfère une structure sociale stable et éprouvée. Il maintient les traditions et les valeurs classiques sur l'organisation de la société. Il peut être plus réticent aux changements rapides et aux réformes sociales.
Diplomatie : J'avais vu cet axe lorsque j'avais fais un test américain. Il mesure les attitudes envers la souveraineté nationale et la coopération internationale. Quelle est l'importe donnée à l’indépendance nationale et la participation aux institutions internationales ? Est-ce que l'Etat est fermé aux autres ou ouvert? Je vais reprendre les noms du test avec d'un côté les faucons (priorité aux intérêts nationaux, méfiance envers les institutions supranationales) et de l'autre, les colombes (coopération internationale, ouverture des frontières).
- Les Faucons valorisent la souveraineté nationale, l'indépendance, et la priorité des intérêts nationaux sur les engagements internationaux. Ils préfèrent les relations bilatérales aux institutions supranationales. Ils peuvent avoir une préférence pour le contrôle des frontières. Ils peuvent avoir une approche "musclée" et directe des problèmes.
- Les Colombes favorisent la coopération internationale, que ce soit au travers d'institutions supranationales, ou encore de politiques globales pour gérer les défis transnationaux. Elles peuvent prôner la libre circulation des personnes, des biens, et des idées. Ils vont prioriser le dialogue et la négociation aux problèmes.
Environnement : Avec les développements des dernières années, je pensais être original avec ce dernier axe. Mais non. Il évalue les positions sur la protection de l'environnement et la durabilité. Il s'agit de trouver un équilibre entre la croissance économique et le développement durable. Est-ce qu'il vaut mieux que l'homme ne fasse que consommer les ressources à disposition ou mette en place des dispositions pour permettre une vie plus harmonieuse? Il va de l'écologisme (priorité à la protection de l'environnement, promotion des énergies renouvelables) au productivisme (croissance économique, exploitation des ressources naturelles).
- Le Productivisme donne priorité au développement économique, l'industrialisation, et l'exploitation des ressources naturelles pour la croissance matérielle. Il soutient les industrie lourdes et les grands projets d'infrastructures.
- L'Écologisme prône la protection de l'environnement et le développement durable. Les politiques cherchent à à réduire l'impact environnemental de l'activité humaine et à accompagner la transition écologique. Il soutient souvent des pratiques économiques et sociales qui préservent les écosystèmes.